Boch Frères . Keramis 

Vase ovoïde Art Déco en grès émaillé polychrome à décor de fleurs stylisées sur fond brun. Tampon sous la base “KERAMIS Made in Belgium » et numéro de décor « D.1847 » En creux, numéro de forme « 806 ». 

1841
La Manufacture Boch est créée en 1841 par Jean-François Boch, l’un des principaux actionnaires de la Société Villeroy et Boch, née en 1836 de l’association de ce dernier avec la famille Villeroy. La faïencerie de La Louvière entre dans un groupe composé de celles d’Audun-le-Tiche, Mettlach, Vaudrevange, Eich, Echternach et Septfontaines. L’entreprise louviéroise est d’ores-et-déjà un maillon de ce qui devient plus tard l’un des grands groupes faïenciers mondiaux.

Les raisons de l’installation de cette faïencerie à La Louvière sont multiples. Le site jouit alors d’équipements de communication essentiels. L’embranchement donnant accès au canal de Charleroi (actuel Boulevard des Droits de l’Homme) vient d’être creusé, des chaussées et une ligne de chemin de fer complètent l’accessibilité du site alors trop isolé.

Une cité faïencière va peu à peu se construire autour des ateliers. Il s’agit des logements pour les ouvriers, du Casino (salle de fête), du château du directeur entouré d’un grand parc (La Closière), de maisons patriciennes pour les ingénieurs qui marquent encore aujourd’hui le patrimoine louviérois.

Il semble que le site soit baptisé Keramis (d’où l’appellation Manufacture de Keramis) dès cette époque. Cette appellation est un hommage aux potiers athéniens et sans doute une réponse à Etruria, le nom donné par Josiah Wedgwood au site de sa célèbre manufacture près de Stoke-On-Trent (GB).

La Manufacture Boch est, avec l’entreprise sidérurgique Boël (actuel Duferco La Louvière), à l’origine de la création de la Ville. L’emprise territoriale actuelle du site sur la cité témoigne de la violence du développement industriel dans une zone totalement rurale dans le premier tiers du XIXe siècle. La Louvière, à l’origine simple hameau de la commune de Saint-Vaast, est un cas très intéressant de ville champignon créée de toutes pièces pour les nécessités de telles entreprises. Boch fut durant son histoire à la pointe du progrès : le premier four tunnel continu au gaz a été inauguré en 1904, le premier en Europe ! Cette avancée technologique déclassa les fours au charbon aujourd’hui monuments historiques. L’histoire de l’entreprise est marquée par une course passionnante à la mécanisation des moyens de production. Gage de prospérité, la réussite qui l’accompagne permet dès lors de préserver des unités de production dédiées à la création artistique. Ces ateliers particuliers porteront successivement les noms de « Chambre de peintres », « Ateliers d’art » et « Studio d’art - La Louve ».
 
Vue de la faïencerie Boch Frères depuis la gare, Belgique industrielle : vue des établissements industriels de la Belgique : 2e série, 1850-55 
1985
Après un siècle et demi de prospérité, la Société est frappée par le déclin économique des bassins industriels wallons. Dans les années 1960, la production s’élève alors à 9.000 tonnes annuelles (4000 T pour la vaisselle et 5000 T pour la division sanitaires), Boch est alors, à tous points de vue, la plus importante industrie céramique belge.

En 1985, une retentissante faillite survient. La Manufacture, qui peine à retrouver la prospérité, change plusieurs fois de direction. Les anciens bureaux sont vendus et démolis au mépris du patrimoine qu’ils contiennent.
 

Ces dernières années: 

2011
Malgré les promesses, le repreneur ne remet pas le personnel au travail. Les infrastructures sont démantelées sans réinvestissement. Le 07 avril 2011, la faillite est prononcée, les activités industrielles cessent définitivement. Les travailleurs sont spoliés. Ils se regroupent au sein de la Compagnie Maritime et montent une pièce de théâtre jouée pour la première fois au Palace à La Louvière en mars 2012.
2015
Keramis, le Centre de la Céramique de la Fédération Wallonie-Bruxelles ouvre ses portes le 8 mai 2015.

Jean Glibert, architecte et peintre belge, a réalisé le décor peint de l'enveloppe extérieure du bâtiment. Le motif ainsi reproduit fait écho aux craquements sur la surface des objets faïencés.

Avec le soutien de Mons 2015, le céramiste belge Emile Desmedt réalise un four-sculpture monumental aux abords de Keramis. Cuite sur place par un « feu intérieur », l’œuvre a la forme d’une graine germant naturellement. La sculpture a ainsi rejoint de manière permanente le paysage louviérois.
 
 
 

 

Informations.

Dimension 28cm
Année 1930/40
Designer Charles Catteau
Provenance La Louvière
Prix 450€

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